Positions des partis sur la culture

La Coalition pour la diversité des expressions culturelles a lancé la campagne sauvonsnotreculture.ca le 20 août dernier afin que les recommandations principales qu’elle formule pour protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles en ligne soient reprises par les partis politiques en campagne électorale.

Nous avons analysé les plateformes des cinq principaux partis fédéraux et reproduit dans les pages suivantes les engagements pris sur la culture. Nous avons ajouté des annonces complémentaires qui ont été communiquées dans les médias ou par les partis eux-mêmes. Enfin, nous avons aussi retenu de nouveaux engagements faits par les candidats des cinq partis qui ont participé au Grand débat sur la culture et les médias (GDCM) le 18 septembre dernier au Monument national à Montréal[1].

Nous ne prétendons pas à l’exhaustivité et nous invitons le lecteur à se référer aux plateformes, articles, communiqués et vidéos pour prendre connaissance des argumentaires, des bilans et critiques mis de l’avant par les partis et les candidats. Nous examinerons toute nouvelle information qui nous sera communiquée par courriel pour l’ajouter éventuellement à ce document.

Nous rappellerons, à la fin de ce document, les principales recommandations formulées par la CDEC et transmises à chacun des partis avant le déclenchement de la campagne électorale.

[1] Les éléments retenus ne sont pas nécessairement des citations et sont restitués à partir de nos notes. Nous n’avons pas reproduit les engagements qui figurent dans les autres documents ou déclarations faites par les partis.


Notre musique est menacée à haute vitesse : agissons !

Plus de 200 auteurs, compositeurs, interprètes, producteurs, éditeurs, gérants et autres professionnels de la musique signent une lettre ouverte pour exprimer leur inquiétude face à la détérioration des conditions de travail et de rémunération dans la musique et demander que nos lois s’appliquent de manière équitable aux plateformes numériques. Ensemble, ils affichent leur soutien à la campagne #SauvonsNotreCulture et invitent chaque personne à écrire aux candidats et chefs de partis pour leur demander d’agir : sauvonsnotreculture


Crise des médias et culture : les enjeux communs

Les audiences de la Commission sur l’avenir des médias d’information ne pouvaient tomber à un meilleur moment pour analyser la crise des médias. L’annonce de la faillite imminente du groupe Capitales Médias offre un exemple très concret de ce que cette crise peut générer en termes de perte d’information locale, de perte de diversité de l’information, et finalement, de délitement de notre démocratie.

Le moment est aussi particulièrement propice à l’approche des élections fédérales, car si Québec peut poser des gestes, comme il l’a fait par exemple en décidant de récolter la TVQ auprès des géants du Web, le gouvernement fédéral a aussi un rôle essentiel à jouer.

Cette crise survient alors que les organisations du secteur culturel au Canada, regroupées au sein de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, sont en campagne pour que nos politiques culturelles s’appliquent en ligne (Voir le site de la campagne #SauvonsNotreCulture).

Il y a de nombreux points communs entre la situation de crise dans les deux secteurs, information et culture, et il faut s’y intéresser pour envisager les solutions les plus structurantes possibles.


Commentaires de la CDEC dans le cadre des consultations au sujet de la tenue de négociations sur d’éventuelles adhésions au PTPGP

La CDEC remercie Affaires mondiales Canada pour la tenue des consultations actuelles qui lui permettent de communiquer ses préoccupations et recommandations quant à des négociations sur d’éventuelles adhésions à l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP).

Dans les pages suivantes, la CDEC demande au gouvernement canadien de profiter de toutes les occasions qui se présenteront pour améliorer à nouveau la protection de la culture dans le PTPGP. En effet, nous reconnaissons que les efforts déployés par le gouvernement canadien pour passer du PTP au PTPGP ont été importants et qu’ils ont permis d’améliorer le texte.


Notre culture est menacée à haute vitesse, il est urgent d’agir !

Une vingtaine d’organisations culturelles membres de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles représentant les auteurs, artistes, créateurs, professionnels et entrepreneurs de la culture au Canada et au Québec sont cosignataires de cette lettre ouverte.

Les Canadiens et Canadiennes consomment de plus en plus sur Internet et les plateformes de diffusion de musique, de vidéos, de journaux et de livres. En moins d’une génération, ces services sont devenus incontournables et très populaires. Ce n’est pas étonnant. Pour environ 10$ par mois, on nous donne accès à des dizaines de millions de pièces musicales. Pour 10$ de plus, on nous propose des milliers d’heures de séries et de films. Il n’a jamais été aussi facile d’emporter sa bibliothèque avec soi ni aussi rapide d’accéder à un nombre illimité de nouveaux titres.

Des contenus illimités, instantanés et universels, que nous payons peu. Alors pourquoi s’en plaindre?

Parce que le numérique n’a pas seulement transformé les modes d’accès aux contenus culturels, il a aussi bouleversé les écosystèmes culturels sans que l’on adapte les règles du jeu.

Dans l’industrie de la musique, selon les chiffres de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), il faut aujourd’hui récolter 30 millions d’écoutes en ligne pour rentabiliser un projet d’album, contre 15 000 exemplaires physiques vendus. Un membre de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) qui a touché des redevances en 2018 n’a en moyenne reçu que 54 $ provenant des sources numériques.

Dans le secteur audiovisuel, le budget des productions de langue française ne cessent de décroître, les diffuseurs connaissent à la fois une baisse des auditoires et une baisse des revenus publicitaires. En 2013, le total des revenus publicitaires sur le Web a dépassé les revenus publicitaires à la télévision au Canada et l’écart n’a fait qu’augmenter au cours des années suivantes.

Les plateformes en ligne comme Netflix et Spotify, pour la plupart étrangères, n’ont aucune obligation de mise en valeur et de financement des contenus culturels canadiens, contrairement aux stations de radio, de télévision, aux détaillants et aux câblodistributeurs nationaux. Il en va de même pour les fournisseurs d’accès internet et de téléphonie mobile qui connaissent une croissance de leurs revenus et des marges bénéficiaires dépassant les 38%.

Il est temps de passer à l’action!

Par le passé, le Canada a su adopter des politiques protégeant la culture et favorisant le développement d’écosystèmes culturels locaux riches et variés. Ces politiques sont désormais inadaptées à l’environnement numérique et ne suffisent plus à faire rayonner notre culture ni  à générer des revenus suffisants pour les artistes, auteurs, créateurs, producteurs, professionnels et entrepreneurs de la culture. Le gouvernement a, certes, lancé plusieurs consultations et amorcé la révision de lois fondamentales pour le secteur culturel mais le prochain mandat doit à tout prix être celui de l’action. C’est pour nous en assurer que nous lançons aujourd’hui une campagne pancanadienne.

Il est encore possible de prendre des mesures pour sauver notre culture. Suivons l’exemple de l’Union européenne où de nombreuses réformes ont été adoptées au cours des dernières années. Elles permettent maintenant aux États de protéger les droits d’auteur dans l’espace numérique, de récolter des redevances et de fixer des quotas de contenus européens et nationaux aux plateformes.

Nous souhaitons que chacun des candidats des partis fédéraux ait connaissance des enjeux qui bouleversent le secteur depuis plusieurs années et s’engage à prendre rapidement des mesures pour que nos politiques s’appliquent au Web. Notre culture doit être financée de façon adéquate et équitable par tous les acteurs qui en tirent profit. Nos entreprises doivent avoir les moyens d’appuyer des productions de qualité. Nos artistes et créateurs doivent pouvoir vivre de leur art et de leur travail. Notre culture doit être visible en ligne. Nous devons conserver cette capacité de comprendre qui nous sommes à travers notre culture et de la partager avec d’autres. Car c’est aussi notre identité qui est jeu.

Notre culture est menacée à haute vitesse. Agissons … plus vite ! #SauvonsNotreCulture

Site web de la campagne de la CDEC : www.sauvonsnotreculture.ca

Signataires :

  1. Solange Drouin, coprésidente de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC)
  2. Bill Skolnik, coprésident de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) et président-directeur général de la Guilde canadienne des réalisateurs, division de l’Ontario (DGC-Ontario)
  3. Philippe Archambault, président de l’Association québécoise de l’industrie du spectacle et de la vidéo (ADISQ)
  4. Edgar Bori, président de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ)
  5. Katherine Fafard, directrice générale de l’Association des libraires du Québec (ALQ)
  6. Hélène Messier, présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM)
  7. Marc Ouellette, compositeur, Président du Conseil, SOCAN
  8. Jérôme Payette, directeur général de l’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM)
  9. Gabriel Pelletier, président de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ)
  10. Mathieu Plante, président de la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC)
  11. Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes (UDA)
  12. Richard Prieur, directeur général de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL)
  13. Élisabeth SCHLITTLER, délégué général au Canada, Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) et Société Civile des Auteurs Multimédia (SCAM)
  14. Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications – CSN (FNC)
  15. Martin Théberge, président de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF)
  16. Fortner Anderson, membre du Conseil national, League of Canadian Poets (LCP)
  17. Kate Edwards, directrice générale, Association of Canadian Publishers (ACP)
  18. Dave Forget, directeur général national de la Guilde canadienne des réalisateurs (GCR)
  19. Marnie Gladwell, directrice générale, Saskatchewan Arts Alliance
  20. Greg Johnston, président de l’Association des auteurs-compositeurs canadiens (S.A.C.)
  21. Stuart Johnston, président, Canadian Independent Music Association (CIMA)
  22. Margaret McGuffin, directrice générale, Canadian Music Publishers Association (CMPA)
  23. Maureen Parker, directrice générale, Writers Guild of Canada (WGC)
  24. David Sparrow, président national, Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists (ACTRA)
  25. Meg Symsyk, présidente, Music Managers Forum Canada (MMF)
  26. Alan Willaert, vice-président du Canada, American Federation of Musicians of the United States and Canada
  27. Roanie Levy, présidente et directrice générale, Access Copyright


Recommandations de la CDEC aux partis politiques fédéraux

La Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) regroupe les principales organisations de professionnels francophones et anglophones du secteur culturel au Canada.

Le gouvernement du Canada a annoncé qu’il procéderait à une révision de la Loi sur le droit d’auteur,  la Loi sur les télécommunications, la Loi sur la radiodiffusion et la Loi sur la radiocommunication.

La CDEC émet 6 principales recommandations à l’intention des partis politiques fédéraux en lien avec la révision de ces lois. Notre culture a besoin d’être soutenue. Agissons.


La CDEC est fière de compter parmi les organisations soutenues par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec

La Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) se réjouit de la décision du Ministère de la Culture et des Communications de renouveler son appui financier à hauteur de 125 000 $ pour l’année 2019-2020. La constance de l’appui du gouvernement du Québec permet à la société civile de jouer un rôle réel en faveur de la diversité des expressions culturelles. À cet égard, nous saluons aussi la contribution québécoise de 30 000 $ au Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC).

L’aide apportée par le MCCQ à la CDEC lui permettra de mener à bien de nombreux projets. Dans le cadre de la révision de nombreuses lois fondamentales pour le secteur culturel (radiodiffusion, télécommunications, droit d’auteur), elle donnera notamment à la CDEC les moyens nécessaires pour faire entendre la voix des artistes, créateurs et des professionnels du secteur culturel.

L’aide du MCCQ permettra aussi à la CDEC de poursuivre ses travaux afin d’identifier des mécanismes de protection et de promotion de la diversité culturelle à l’ère numérique. Les réflexions sur les pratiques du secteur culturel en termes de découvrabilité et l’analyse entamée sur l’interaction entre l’intelligence artificielle et les contenus culturels pourront ainsi être poursuivies. Sur ce sujet, la CDEC suivra de près les travaux de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OIISIAN).

En contribuant aux projets de la CDEC, le MCCQ soutient plus largement l’ensemble des efforts de la société civile pour mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre de la Convention de 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Alors que se terminent aujourd’hui les travaux de la Conférence des parties à la Convention de 2005, à laquelle participe aussi la CDEC, le gouvernement du Québec démontre qu’il continue à jouer un rôle essentiel à l’égard de la Convention de 2005.

Renseignements

Solange Drouin, Co-présidente

Céline de Dianous, Chargée de communication

514-277-2666


La CDEC se réjouit de l’appui renouvelé du gouvernement canadien à la diversité des expressions culturelles

Dans un communiqué diffusé aujourd’hui, le ministère du Patrimoine canadien a  annoncé  l’octroi de 375 000$ à la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, à raison de 75 000$ par année pendant cinq ans.

La Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) se réjouit de cette annonce, qui vise à soutenir son action en faveur d’un secteur culturel dynamique et pluriel. En plus de cette somme, la CDEC tient à saluer la contribution de 375 000$ sur cinq ans au Fonds international de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO.

Les financements annoncés aujourd’hui permettront à la CDEC de continuer à promouvoir l’importance de la culture dans le développement des sociétés. Depuis vingt ans, la CDEC porte la voix des organisations de la société civile qui œuvrent au service de la culture au Québec et au Canada ; elle défend la protection de la culture dans les accords de commerce, le maintien de la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique et la capacité de l’État à mettre en place des politiques de soutien aux expressions culturelles nationales. Dans le contexte actuel de la révision des lois sur la radiodiffusion, les télécommunications et le droit d’auteur, sa mobilisation en faveur des contenus culturels locaux est plus que jamais essentielle.

Avec cet engagement du gouvernement fédéral, la CDEC pourra aussi prolonger et développer ses projets internationaux dans le cadre de la Fédération internationale des coalitions culturelles (FICDC), dont elle assure le secrétariat. Active depuis 2007, la FICDC est issue d’une mobilisation importante de la société civile internationale en faveur de l’adoption, puis de la ratification de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Elle regroupe aujourd’hui plus de trente organisations qui agissent à travers le monde pour sensibiliser la société civile et les gouvernements à l’importance de protéger la diversité de la création à l’échelle régionale et internationale.

En cette journée mondiale de la diversité culturelle, la CDEC réaffirme sa volonté de collaborer avec le gouvernement du Canada pour maintenir un environnement favorable au déploiement d’expressions culturelles diverses, multiples, indispensables à la société canadienne.

Renseignements

Solange Drouin, Co-présidente

Céline de Dianous, Chargée de communication

514-277-2666


Projet de décret donnant au CRTC des instructions relativement à la mise en oeuvre de la politique canadienne de télécommunication

Le 4 avril 2019, la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) a transmis ses commentaires et recommandations concernant le projet de décret donnant au CRTC des instructions relativement à la mise en œuvre de la politique canadienne de télécommunication pour promouvoir la concurrence, l’abordabilité, les intérêts des consommateurs et l’innovation.

Les changements au cadre législatif de radiodiffusion et de télécommunications mettront du temps à être adoptés. Nous sommes persuadés que des mesures à court terme sont essentielles afin de rétablir l’équilibre dans les écosystèmes culturels. C’est pourquoi la CDEC demande que le décret d’instruction proposé n’écarte pas les impératifs liés à la souveraineté culturelle et qu’il inclue des instructions pour assurer une contribution des FST au financement du contenu canadien.

La mise en place d’une contribution des FST pour le financement des contenus culturels permettrait de concilier l’innovation et la souveraineté culturelle. Elle n’aurait pas d’impact sur l’abordabilité et serait compatible avec les intérêts des consommateurs, qui demeurent très attachés aux contenus canadiens.


Offre d'emploi : Vidéaste

Projet de réalisation audiovisuelle : Les clauses culturelles dans les accords de commerce

L’organisation :

Organisme sans but lucratif, la Coalition canadienne pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) est depuis vingt ans le porte-parole de l’ensemble du milieu culturel du Canada. Sa mission essentielle est de protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles, tant sur le plan national qu’international.

La CDEC regroupe 30 organisations représentant toute la chaîne de la culture, de la création à la diffusion, dans les domaines du cinéma, de la télévision, de la musique, du livre, des nouveaux médias et des arts d’interprétation.

La CDEC intervient principalement pour que les biens et les services culturels soient exclus des négociations commerciales et pour que la diversité des expressions culturelles soit présente dans l’environnement numérique.

La CDEC veille à la mise en œuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles adoptée à l’UNESCO en 2005 et agit pour lui donner pleine force d’application à l’échelle nationale.

A l’échelle internationale, la CDEC assure le secrétariat de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC) formée d’une trentaine de coalitions présentes sur les cinq continents.

Le projet :

Le projet consiste à réaliser trois entrevues filmées et une vidéo finale qui, en utilisant les meilleurs extraits des entrevues, doit permettre de sensibiliser la société civile à l'importance des clauses culturelles dans les accords de commerce, et de l’outiller dans ses représentations auprès des gouvernements engagés dans des négociations commerciales.

Format

- Trois entrevues distinctes de 15-20 minutes, chacune servant de base à une vidéo distincte

- Une vidéo principale de 5 min avec des extraits de chaque entrevue

- Sous-titrage en français pour les entrevues en anglais, en anglais pour les entrevues en français

- Conduite de l’entretien = 3 possibilités :

  • par un représentant de la CDEC, format dialogue, deux personnes filmées
  • par un représentant de la CDEC, questions coupées au montage, seule la personne interviewée est filmée
  • par le réalisateur de la vidéo, questions coupées au montage, seule la personne interviewée est filmée

Publics visés

La vidéo finale doit servir aux membres de la FICDC, aux milieux culturels et à la société civile en général, sur tous les continents et dans un nombre élargi de pays, pour sensibiliser la société à la nécessité de protéger la culture dans les accords de libre-échange. Elle doit donner aux associations et organisations culturelles des outils et des arguments pour interpeller leurs gouvernements afin qu’ils tiennent compte de l’importance de protéger la culture nationale, locale, lors de la négociation des accords de libre-échange.

Lieux des entrevues

À Montréal, et possiblement Québec et Ottawa, selon les disponibilités des intervenants.

Calendrier

- Candidature jusqu’au 15 mars

- Rencontre avec l’équipe de la CDEC

- Réalisation des trois entretiens entre le 18 et le 28 mars

- Montage du 28 mars au 15 avril

- Première version rendue le 15 avril

- Version finale le 18 avril

Rémunération

A définir avec l’équipe de la CDEC en fonction du budget alloué au projet.

La réalisation fera l’objet d’un contrat de production audiovisuelle (cession de droits d’auteur) entre le réalisateur et la CDEC.

La CDEC fera un usage non commercial des vidéos.

Diffusion

Les vidéos seront diffusées en ligne sur l’ensemble des réseaux de la CDEC et de la FICDC. Les modalités de la diffusion seront précisées dans le contrat de production.

Postuler :

Candidature jusqu’au 15 mars

Envoyer un CV et des exemples de réalisations à l'adresse suivante :

cdedianous@cdc-ccd.org


Mémoire de la CDEC dans le cadre de l’examen de la législation en matière de radiodiffusion et de télécommunications

Le présent mémoire est le fruit d’une réflexion collective des membres de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC). Il fait état des bouleversements engendrés par la circulation croissante des contenus culturels en ligne et propose des solutions à court terme et à long terme dans le contexte de la révision des lois sur la radiodiffusion et les télécommunications.

Le développement d’Internet a fortement perturbé les modèles d’affaires des industries culturelles. Les services de programmation en ligne ont entraîné des changements dans la façon de consommer, de faire de l’argent, de produire, de distribuer et de commercialiser des contenus culturels au Canada et ailleurs dans le monde.
Alors que leurs parts de marché augmentent constamment, ces entreprises ne sont pas tenues de respecter les conditions auxquelles sont soumis les radiodiffuseurs traditionnels, notamment les exigences de contribution au financement et à la mise en valeur du contenu canadien francophone et anglophone.
De façon similaire, les fournisseurs de services de télécommunications voient leurs revenus augmenter grâce à l’accès croissant aux contenus culturels en ligne, sans obligation de contribuer au financement du contenu canadien.
En somme, ces entreprises tirent profit des contenus culturels, mais ne contribuent pas au développement du contenu canadien.

La CDEC émet plusieurs recommandations dans le cadre de la révision des lois.
Elles visent d’abord à mieux distinguer la réglementation des activités de télécommunication de celle des activités liées au contenu culturel.
Les recommandations visent également à faire en sorte que tous les acteurs qui tirent profit du système canadien contribuent au financement du contenu canadien. Elles insistent aussi sur la responsabilité de mise en valeur du contenu canadien et de transparence de tous les services de programmation, qu’ils soient canadiens ou étrangers. Enfin, la réglementation devrait favoriser l’existence d’un environnement équilibré permettant la création, la production et la diffusion de contenus culturels locaux diversifiés. La diversité des expressions culturelles doit se matérialiser dans l’environnement permettant l’accès aux contenus culturels par Internet.

La CDEC émet 14 recommandations afin de traduire ces grands objectifs. Certaines de ces recommandations peuvent être mises en oeuvre dès maintenant.


5ème Congrès de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC) s’est réunie à Montréal pour son cinquième congrès international, les 26 et 27 octobre 2018.

Fondée le 19 septembre 2007 à Séville, en Espagne, la FICDC est la voix des professionnels de la culture à travers le monde. Ses coalitions membres représentent les créateurs, les artistes, les producteurs indépendants, les distributeurs, les radiodiffuseurs et les éditeurs dans les secteurs du livre, du cinéma, de la télévision, de la musique, du spectacle vivant et des arts visuels.

Depuis sa fondation à Séville, la Fédération a réuni son congrès international à Salvador de Bahia (Brésil) en 2009, Bratislava (Slovaquie) en 2012, Mons (Belgique) en 2015. Cette année, c’est le Canada qui a accueilli l’événement réunissant dix-huit délégués sur place et quatre à distance. Dix-neuf pays étaient représentés : Cameroun, Gabon, Mali, Niger, Ouganda, Sénégal, Tchad, Togo (Afrique), Argentine, Canada, Chili, Mexique, Paraguay (Amériques), Australie (Asie-Pacifique), Belgique, France, Royaume-Uni, Slovaquie, Suisse (Europe).

Ce qu’il faut retenir du Congrès de Montréal

La FICDC avait connu un ralentissement de son activité depuis le Congrès de Mons en 2015, son secrétariat ayant été vacant pendant presque deux ans. Organisé pour relancer les travaux de la FICDC, le Congrès de Montréal a permis de dégager de nombreuses pistes de réflexions et axes de travail pour les années à venir.

Au cours de la première journée, les membres de la FICDC ont évoqué la composition de l’organisation, ses moyens d’action, les possibilités de soutien aux coalitions nationales et leur nécessaire remobilisation au niveau régional autour d’actions ciblées. Ils ont aussi exprimé leur souhait de rebâtir la relation avec le secrétariat de l'Unesco et de s’investir dans les activités entourant la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Lors d’un tour de table, chacun a présenté les enjeux de la diversité culturelle dans son pays, les évolutions depuis la ratification de la Convention de l’Unesco, les avancées, les blocages, et la situation actuelle de chaque coalition.

L’Amérique du Sud, particulièrement mobilisée au moment de l’adoption de la Convention, a connu des changements politiques qui ont marqué le secteur culturel et affaibli les coalitions en place au cours des dernières années. Le manque de ressources complique la coordination entre les organisations de la société civile dans le domaine de la culture. Néanmoins, les membres de la FICDC saisissent chacune des opportunités qui se présentent pour participer aux révisions des lois, ou pour instaurer, comme au Chili, une journée nationale de la diversité culturelle.

En Afrique, la situation est aussi très liée au contexte politique de chaque pays. Pour plusieurs, l’enjeu est de dépolitiser la culture. Il y a un manque de moyens dans la région mais aussi un problème de gestion des fonds, qui ne sont pas toujours alloués à bon escient. Les échanges ont aussi permis de constater que la Convention est largement méconnue dans la plupart des pays et que les gouvernements doivent être sensibilisés à l’importance des clauses d’exemption culturelle dans les traités de commerce.

La situation de l’Asie-Pacifique, faiblement représentée lors de ce congrès, a permis d’exposer la problématique liée aux régimes autoritaires et aux enjeux de liberté d’expression qui touchent de nombreux artistes. L’enjeu territorial et linguistique rend l’action commune difficile mais plusieurs organisations maintiennent un dynamisme   et une activité certaine dans leur pays.

En Europe, l’accent est mis sur un renforcement des coalitions nationales pour une meilleure action en réseau. Comme au Canada, le développement du numérique et son impact sur la culture sont au cœur des préoccupations. Les coalitions se mobilisent aussi pour la reconnaissance de la spécificité des biens et services culturels dans les accords de commerce.

Un dialogue avec des représentants des  gouvernements du Québec et du Canada

Le congrès s’est poursuivi en présence de représentants des gouvernements canadien et québécois, venus rencontrer les membres de la FICDC.

Le gouvernement du Québec a identifié trois grandes priorités concernant la diversité des expressions culturelles : la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO dans le cadre du numérique, les enjeux du commerce international,  et la coopération internationale, notamment via le Fonds international pour la diversité culturelle (FICD) de l’UNESCO.

La présence de représentants du gouvernement canadien a ouvert une discussion sur le maintien de l’exemption culturelle dans le nouvel accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada. La déclaration France-Canada sur la diversité culturelle et l’espace numérique a aussi été évoquée.

L’échange a permis de souligner que l’appui des gouvernements à la CDEC et au travail de la FICDC est précieux et extrêmement bénéfique pour l’ensemble des organisations à travers le monde, et devrait être un exemple à être suivi dans les autres pays.

Enfin, cet échange a aussi été l’occasion de discuter de la mobilité des artistes et des moyens à mettre en œuvre pour améliorer leur circulation.

Le travail avec les milieux de la recherche

Des chercheurs ont été invités à se joindre aux délégués pour alimenter leur réflexion au cours de la deuxième journée du congrès. Véronique Guèvremont, de la Chaire Unesco sur la diversité des expressions culturelles, a présenté l’Étude sur la coopération internationale avec les pays africains francophones en vue de mettre en œuvre la Convention sur la diversité des expressions culturelles dans l'environnement numérique, commandée par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec et menée dans cinq pays d’Afrique : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal.

Destiny Tchéhouali, chercheur au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM - Université du Québec à Montréal) a ensuite abordé ses travaux avec l’Organisation Internationale de la Francophonie, en lien avec la gouvernance internationale d’Internet et la diversité des expressions culturelles à l’ère numérique.

La discussion s’est poursuivie sur l’importance d’une collaboration avec les chercheurs, notamment sur le partage de l’information (données statistiques, rapports nationaux) et les ponts à établir entre la FICDC et les différentes chaires de l’UNESCO, le milieu universitaire et des réseaux comme le Réseau international de juristes pour la diversité des expressions culturelles.

Les membres de la FICDC ont ensuite synthétisé leurs priorités et défini plusieurs axes de travail et projets pour l’année 2018-2019.

Le Congrès s’est clos par l’élection du conseil d’administration qui a maintenu les instances actuelles pour mieux préparer l'avenir. Le prochain Congrès de la FICDC se tiendra dans un pays africain à l’automne 2019.