Offre de stage rémunéré : conceptrice ou concepteur de projet web

Dans le cadre du Programme « Compétences numériques pour les jeunes », coordonné par Communautique, la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) est à la recherche d’une conceptrice ou concepteur de projet Web.

Il s’agit d’un poste temporaire de cinq mois, à temps plein. L’entrée en fonction doit obligatoirement s’effectuer dans la semaine du 2 novembre 2020 ou avant. Le stage se terminera le 31 mars 2021.

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Recommandations de la CDEC pour la révision de la Loi sur le droit d’auteur

La CDEC recommande que la Loi sur le droit d’auteur soit revue dans les meilleurs délais afin de contribuer à rétablir un équilibre pour les écosystèmes culturels. La COVID a mis de l’avant la situation fragile des industries culturelles et la précarité des artistes, créateurs et travailleurs du secteur. Le secteur culturel a été bouleversé par l’accès croissant aux expressions culturelles par l’Internet au cours des années 2010 puis par la révision de la Loi sur le droit d’auteur en 2012, qui a ajouté plusieurs exceptions qui ne respectent pas les obligations internationales du Canada.

La pandémie a accéléré le virage numérique. Le marché, qui était déjà précaire, est désormais en train de s’effondrer. Au-delà des emplois et de la contribution de la culture à notre économie, c’est la vivacité du secteur et la diversité des expressions culturelles qui est en jeu. Pendant ce temps, des entreprises donnant accès à des expressions culturelles en ligne ont engrangé des profits inédits. Elles ont les moyens de mieux rémunérer les ayants droit pour la valeur qu’elles tirent des contenus protégés pas le droit d’auteur.

Nous évaluons l'impact de nos recommandations visant à modifier la Loi, à un minimum de 136 millions de dollars en revenus autonomes, payés par les entreprises pour l’utilisation des contenus, qui pourraient être réinvestis chaque année dans les écosystèmes culturels et dans l'économie canadienne. À l’heure où les finances publiques sont déjà sous pression, cette révision se présente comme une solution de marché juste et pertinente pour contribuer à la création d’expressions culturelles riches, innovantes et diversifiées.

>>> LIRE LES RECOMMANDATIONS

 


Bataille mondiale pour une taxation numérique et des règles du jeu équitables

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le rapport de septembre se penche sur six questions interreliées: (1) les discussions sur le nouveau code de conduite australien pour les plateformes numériques ; (2) des discussions en Europe autour de la position dominante de Google et de Facebook ; (3) la confrontation politique entre l’administration des États-Unis et plusieurs gouvernements nationaux concernant l’adoption de taxes sur les services numériques ; (4) l’accord pour l’économie numérique entre l’Australie et Singapour, ainsi que (5) les négociations commerciales entre le Japon et le Royaume-Uni. (6) Enfin, Jérôme Pacouret, chercheur à l’Université du Québec à Montréal, nous livre une analyse sur le Brexit et les perspectives des acteurs culturels britanniques, en se penchant sur le droit d’auteur et le programme Europe Créative.

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Discours du Trône : La CDEC félicite le gouvernement du Canada pour son engagement à faire contribuer les géants du Web au financement et à la mise en valeur des contenus canadiens

Dans le discours du Trône prononcé aujourd’hui, le gouvernement fédéral a affirmé sa volonté de soutenir le secteur culturel, notamment en s’engageant à ce que les géants du Web contribuent à la création, à la production et à la diffusion des expressions culturelles canadiennes. La Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) se réjouit que cet enjeu soit une priorité pour Ottawa, elle s’attend à une révision dès l’automne de la Loi sur la radiodiffusion et offre sa collaboration en vue d’une adoption rapide de la nouvelle législation.

« Les géants du Web empochent l’argent des Canadiens et imposent leurs propres priorités. Les choses doivent changer et elles vont changer. Le gouvernement agira afin d’assurer un partage plus équitable de leurs revenus avec nos créateurs et médias, en plus d’exiger qu’ils contribuent à la création, à la production et à la diffusion de nos histoires, à l’écran, en parole, en musique et à l’écrit », a déclaré Son Excellence, la très honorable Julie Payette.

Le secteur culturel a été très durement éprouvé par la crise sanitaire ; cette révision est donc plus que jamais une urgence. Une évaluation récente du ministère du Patrimoine canadien estimait que les géants du Web pourraient coûter un milliard de dollars au secteur culturel canadien d’ici 2023 sans un changement du cadre législatif. En les intégrant dans le système de radiodiffusion, c’est quelques centaines de millions de dollars de plus par année qui alimenteront nos écosystèmes. Alors que les finances publiques sont sous pression, la révision de la Loi sur la radiodiffusion se présente comme une solution de marché structurante pour le secteur culturel, et nécessaire pour assurer une diversité d’expressions culturelles.

La CDEC se mobilise depuis des années avec l’ensemble du secteur culturel en faveur de ces changements. La révision de la Loi sur la radiodiffusion doit être modernisée afin que toutes les entreprises qui fournissent du contenu audio ou audiovisuel au Canada contribuent aux fonds de soutien à la création canadienne et qu’elles répondent aux exigences de mise en valeur des contenus canadiens.

La CDEC souhaite aussi voir les pouvoirs du CRTC renforcés pour s’assurer de l’application des exigences et pour collecter auprès des entreprises offrant des contenus en ligne des données sur l’accès aux contenus culturels canadiens.

La CDEC demande par ailleurs une révision de la Loi sur le droit d’auteur. Les auteurs, créateurs et professionnels du secteur ont plus que jamais besoin d’un cadre législatif qui leur permettre de vivre de leur art et d’investir dans de nouvelles créations. Cette révision est toute aussi urgente et nous nous attendons à ce qu’un projet de loi soit déposé dans les prochains mois.

 

Renseignements

Solange Drouin, Coprésidente de la CDEC

Céline De Dianous, Chargée de communication et de recherche

514-277-2666


Gouverner le commerce numérique mondial à l’ère de la pandémie de la COVID-19

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le sixième numéro se penche sur six questions internationales interreliées: (1) les négociations plurilatérales sur le commerce électronique ; (2) les efforts de la part de puissantes associations professionnelles pour promouvoir de nouvelles normes dans le commerce numérique ; (3) la confrontation politique entre l’administration des États-Unis et plusieurs gouvernements nationaux concernant l’adoption de taxes sur les services numériques ; (4) les négociations multilatérales sur la taxation numérique ; (5) l’accord de partenariat pour l’économie numérique entre la Nouvelle-Zélande, le Chili et Singapour, ainsi que (6) les négociations commerciales entre les États-Unis et le Royaume-Uni.


Plateformes numériques globales, les acteurs gagnants du grand confinement ? Le cas de l'industrie de la musique

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le cinquième numéro analyse les effets du grand confinement sur les stratégies des plateformes numériques dans l’industrie de la musique.


Plateformes numériques et culture : les acteurs gagnants du grand confinement ?

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le quatrième numéro examine comment les mesures de confinement ont renforcé le pouvoir des plateformes de vidéo à la demande sur le marché culturel mondial.


La diversité culturelle et le COVID-19 : quelles urgences pour quelle relance ?

L’UNESCO organise un deuxième débat ResiliArt en partenariat avec la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle le 14 mai, de 14h à 16h (heure de Paris).

Les mesures de confinement liées à la pandémie de COVID-19 ont durement affecté les secteurs créatifs, limitant les capacités de création, de production, de distribution des expressions culturelles à travers le monde. La phase de déconfinement va permettre une reprise graduelle des activités compatibles avec les mesures de distanciation physique. Les artistes, les professionnels de la culture, les établissements culturels, les petites et moyennes entreprises, les associations, organismes et gouvernements doivent réfléchir à la relance du secteur dans un contexte où la pandémie de COVID-19 reste une menace importante pour la santé des personnes. Les activités culturelles qui pourront reprendre seront soumises à des contraintes qui auront des impacts humains et financiers importants. Certaines activités ne pourront reprendre qu’à très long terme, notamment celles qui dépendent de la mobilité internationale. La situation nécessite donc un niveau de soutien public plus important qu’à l’habitude, ainsi qu’une révision des modèles d’affaires, afin de maintenir des écosystèmes culturels diversifiés, durables et dynamiques.

De grands défis se dessinent pour cette relance du secteur culturel au niveau mondial, notamment :

  • Les inégalités entre les pays risquent d’être accentuées par la crise. Les pays en développement appellent à la coopération culturelle internationale, déjà fragile et ténue avant la pandémie, pour faire face à la situation, dans un contexte où les efforts se concentrent principalement à l’échelle nationale.
  • Au niveau national, la situation fragilise les maillons les plus faibles des écosystèmes culturels. Le risque d’une accentuation des inégalités frappant notamment les femmes, les peuples autochtones et les personnes appartenant à des minorités est important.
  • Alors que la transition vers le numérique s’accélère, l’adaptation des politiques culturelles à l’environnement numérique est inégale. De grandes entreprises multinationales monopolisent le marché sans contribuer aux écosystèmes culturels, tant au niveau du financement, de la découvrabilité que du droit d’auteur.
  • La fracture numérique déjà importante entre les pays et les régions, pourrait se renforcer alors que l’ensemble de la planète doit faire face à un criant besoin d’innovation. La crise précipite la transition vers le numérique et le développement de systèmes, plateformes, objets requiert des ressources scientifiques, techniques et économiques qui sont actuellement réparties de façon très inégale.

ResiliArt

L’UNESCO a lancé le mouvement ResiliArt en avril 2020 et organisé un premier débat le 15 avril avec la CISAC. Le deuxième débat aura lieu le 14 mai et l’UNESCO a choisi de s’associer à la FICDC qui est fière de co-présenter l’événement. 

ResiliArt est un mouvement mondial qui consiste en une série de débats virtuels avec des artistes (connus et émergents) et des professionnels clés du secteur, dont l’objectif est de sensibiliser sur l’impact considérable des mesures de confinement actuelles sur le secteur de la culture ainsi que de soutenir les artistes en engageant un dialogue afin d’éclairer les États membres dans l’élaboration de politiques et de mécanismes financiers pouvant aider les individus et les communautés créatives à surmonter cette crise.

Ce deuxième grand débat ResiliArt s’articulera autour de quatre thèmes clefs :

  • Les contraintes auxquelles les professionnels, créateurs et artistes sont confrontés pour la reprise de leurs activités et les réponses mises en place;
  • L’adoption de mesures et de politiques de soutien et de promotion de la diversité des expressions culturelles, notamment dans l’environnement numérique ;
  • Les nouvelles relations internationales et modalités de coopération culturelle;
  • La pérennité des nouvelles formes de création et d’expression de la diversité culturelle.

Format

Le débat aura lieu le 14 mai, de 14h à 16h, heure de Paris. Après les interventions des panélistes, une session de questions-réponses aura lieu afin de permettre au public d’interagir avec les panélistes et les modérateurs.

Les panélistes seront encadrés par un modérateur. Ils répondront à des questions personnalisées tout en nouant un dialogue et en réagissant aux réponses des autres intervenants.

Le débat se déroulera sur une plateforme en ligne existante permettant à un nombre illimité de personnes de suivre les discussions et de poser des questions en utilisant une fonctionnalité de chat.

Participants

Le débat sera modéré par le Sous-Directeur général pour la culture de l’UNESCO, M. Ernesto Ottone. Les participants, représentant différentes régions géographiques et disciplines artistiques, comprendront :

  • Anitta (Brésil—Chanteuse, compositrice et actrice)
  • Ferne Downey (Canada—Actrice et Présidente de la Fédération internationale des acteurs)
  • Cheick Oumar Sissoko (Mali—Réalisateur et Secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes)
  • Pascal Rogard (France—Directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques)
  • Fouzia Saeed (Pakistan—Directrice générale du Conseil national des arts du Pakistan)
  • Mohamed Saif Al-Afkham (Émirats arabes unis—Président de l’Institut international du théâtre)
  • Jana Vozarova (Slovaquie—Directrice de LITA, Société d’auteurs)

Rejoignez le débat

Vous pourrez suivre le débat à l’aide du lien ci-dessous. La page sera mise en ligne le 14 mai 2020.

http://unesco.org/resiliart-debate

LIRE LA NOTE CONCEPTUELLE

Les appuis au secteur culturel se multiplient à travers le monde… de façon inégale

Nous avons rapidement compris que le secteur culturel allait énormément souffrir de la pandémie de Covid-19. Une multitude de spectacles, représentations, festivals, tournages, salons du livre et autres manifestations culturelles ont été annulés, et nombreux sont les espaces culturels, les librairies, les salles de cinéma, les musées à avoir fermé leurs portes.

Partout dans le monde ont surgi des initiatives provenant des artistes, des organisations de la société civile, d’organismes subventionnaires et d’entreprises, suivies dans plusieurs pays par des annonces de soutien au secteur culturel.

La FICDC a dans un premier temps hésité à en dresser l’inventaire, puisque d’autres ont amorcé le travail et que la situation évolue rapidement. Si elle le fait aujourd’hui, c’est avant tout pour appuyer ses membres qui souhaitent voir leurs gouvernements mettre en place des mesures de soutien aux artistes, aux créateurs, aux professionnels et aux organisations du secteur culturel. L’analyse se limite donc aux pays où la FICDC compte des membres ou des partenaires.

Sans être parfait, ce bref tour d’horizon  permet de constater que les mesures de soutien sont rares en dehors des pays les plus riches du globe. On observe même des reculs dans certains pays. C’est une situation très préoccupante pour la diversité des expressions culturelles, au niveau local et à l’échelle internationale, et cela risque de creuser davantage les inégalités mondiales dans le domaine de la circulation des biens et services culturels. Dans un grand nombre de pays, on déplorait déjà la faiblesse ou même l’absence de politiques culturelles. Il faudra sans doute compter davantage sur la solidarité et les réseaux communautaires pour appuyer un tant soit peu le secteur culturel dans ces pays, mais aussi sur le rôle que peuvent et doivent jouer à l’échelle internationale des organisations comme l’UNESCO.


La culture en temps de pandémie : un remède dont il faut prendre soin

Le 22 avril dernier, l’UNESCO organisait la première rencontre virtuelle des ministres de la Culture. La rencontre a duré plus de sept heures et a donné la parole à 130 ministres de tous les continents. L’équipe de la FICDC a assisté à cette rencontre qui lui a permis de bonifier son suivi des mesures en appui au secteur culturel, mais aussi d’identifier un certain nombre d’enjeux globaux et d’opportunités pour la culture en temps de pandémie.

  1. La reconnaissance de l’importance de la culture

La plupart des ministres ont souligné la contribution inestimable de la culture pour aider la population à traverser la crise. Plusieurs d’entre eux ont illustré la fonction sociale de la culture ou associé la culture à un droit:

  • La culture et l’art sont des outils puissants de lutte qui peuvent nous aider à surmonter le défi commun (Jordanie)
  • Le droit à la culture n’est pas un luxe, c’est un pilier pour nos économies et pour la réalisation des Objectifs de développement durable (Allemagne)
  • Nous expérimentons la thérapie par l’art, le livre, le sourire (Arménie)
  • La culture est le socle de la société (Pays-Bas)
  • La culture est un processus d’humanisation, dotée d’un pouvoir réparateur. La pandémie effraie, la culture saura nous sauver, en attendant un vaccin (Argentine)
  • La culture est un moyen de communication et de protection contre le stress. Il faut mettre en place des politiques publiques transversales pour faire de la culture un droit humain (Panama)
  • La culture est une forme de résistance (Bahreïn)
  • La culture est un bien commun, un droit pour les citoyens. Elle a un rôle de cohésion sociale. La crise démontre que la culture peut être une bouée de sauvetage. On doit reconnaître sa contribution au bien-être physique et mental (Espagne)

Plusieurs ministres ont insisté sur la contribution de la culture au développement durable, et même aux objectifs à l’horizon 2030 (Grèce, Liban, Espagne, Costa Rica, Allemagne), d’autres, comme Cuba ou l'Azerbaïdjan, perçoivent à travers cette crise une opportunité de renaissance de la création artistique et une large extension des pratiques artistiques et culturelles dans la société grâce à la diffusion et à la communication numérique.

  1. Une mobilisation importante pour la culture

Malgré les inégalités entre les divers pays, les appuis au secteur culturel sont très importants. Les mesures qui reviennent le plus souvent sont l’ajustement des contributions et des cotisations, le report des obligations (cotisations sociales, impôts), l’octroi de subventions salariales et de prêts, la réalisation de sondages et d’analyses d’impact, la mise en place de fonds d’urgence et même l’assistance alimentaire.

Le Mali voit dans la crise actuelle, malgré ses conséquences désastreuses, une opportunité d’aligner les politiques culturelles des pays africains sur les objectifs de la Charte de la renaissance culturelle africaine : « toute politique culturelle africaine doit nécessairement permettre aux peuples de s'épanouir pour assumer une responsabilité accrue dans leur propre développement ». D’autres pays, comme la Jamaïque, essaient d’encourager la transition de leur économie informelle vers l’économie formelle ce qui permettrait de mieux protéger les artistes et créateurs. Ailleurs, le mécénat apparaît comme une source de revenus réaliste pour le secteur culturel.

Parmi les nombreuses mesures énumérées par le Pérou, certaines mesures ciblent les peuples autochtones, en particulier ceux de l’Amazonie, pour les isoler de la pandémie tout en leur donnant accès à la culture. Les recommandations produites ont été traduites en vingt langues, une mesure similaire à celle mise en place au Mexique où les manuels sanitaires ont été traduits en soixante langues.

Une grande partie du secteur culturel, en particulier les sites patrimoniaux, les festivals et les musées, dépend du tourisme, qui a un impact majeur sur la fréquentation et l’affluence du public. Si la crise affecte le secteur culturel même dans les pays où aucun cas n’a été déclaré, comme le Lesotho ou les Îles Cook, c’est parce que le tourisme a été complètement foudroyé par la pandémie. Plusieurs ministres ont d’ailleurs davantage insisté sur ce secteur que sur le secteur culturel. Certains pays veulent miser sur le tourisme national, mais cela n’est pas à la portée de tous. D’autres, comme le Kazakhstan, où l’agence de tourisme nationale organise des visites virtuelles du pays, misent sur le numérique pour demeurer une destination attrayante.

  1. Vers une explosion des plateformes et de l’offre en ligne?

Il semble que dans toutes les régions du monde, des dizaines de plateformes sont en train de voir le jour grâce à l’appui des gouvernements et des institutions publiques. De nombreuses mesures ont ainsi été mises en place pour donner virtuellement accès aux musées, bibliothèques, sites patrimoniaux et galeries tandis que d’autres plateformes permettent d’accéder aux expressions culturelles.

En Azerbaïdjan, par exemple, les mesures adoptées ont permis de réorienter 80% des activités culturelles vers l’Internet, y compris la diffusion sur les médias sociaux. Après la crise, l’un des défis sera de faire en sorte que la culture ne soit pas confinée à la sphère virtuelle. Pour la ministre du Bahreïn, il faut saisir l’opportunité pour promouvoir la réalité virtuelle, les découvertes archéologiques, l’accès au patrimoine immatériel et la musique en ligne.

  1. La pandémie risque d’accroître les inégalités mondiales

Audrey Azoulay, la directrice générale de l’UNESCO, l’a souligné en tout début de rencontre : les inégalités, déjà importantes, risquent de se creuser encore davantage à la faveur de la pandémie.

La ministre de la Dominique a indiqué que son pays se remet à peine des conséquences de l’ouragan Maria qui a provoqué une chute de 226% du PIB. D’autres pays, comme le Mozambique, qui a été frappé par deux cyclone l’an dernier, ou encore le Lesotho, aimeraient développer une offre de contenus en ligne qui respecte le droit d’auteur, mais auraient besoin de l’aide de partenaires internationaux.

Le besoin vital d’accélérer la transition numérique met en évidence des fractures numériques qui vont aggraver les inégalités entre les pays, mais aussi à l’intérieur des territoires. La ministre chilienne a souligné que plusieurs communautés dans son pays n’ont pas accès à l’Internet et c’est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays. Plusieurs autres pays ont fait état d’un déficit de formation et de compétences techniques et des difficultés rencontrées par des groupes plus vulnérables (migrants, autochtones, femmes).

  1. Un appel à la coopération internationale

De nombreux pays ont lancé un appel pour la constitution d’un appui international conséquent. Le ministre soudanais a expliqué que les pays en développement allouent déjà peu de ressource à la culture en temps normal. Actuellement, la lutte contre le virus prend tout l’espace. Le ministre tchadien a évoqué la « concurrence des urgences » dans son pays qui, comme d’autres du Sahel, est rattrapé par les problèmes de terrorisme.

Les réponses ont été moins nombreuses. L’Allemagne se distingue par le développement de partenariats en Afrique et au Moyen-Orient pour des projets culturels et le développement de plateformes numériques par l’Institut Goethe. Sa ministre a ajouté qu’aucun pays n’était seul face à ces défis et que ces approches étaient une source d’apprentissage pour eux. Le ministre de San Marino a proposé, pour sa part, de concrétiser la coopération entre les États en encourageant la circulation des œuvres d’art.

  1. Un appel à faire contribuer les géants du Web

Dans son introduction, Audrey Azoulay a suggéré d’intégrer les plateformes qui diffusent les expressions culturelles via Internet dans les politiques et mécanismes de financement de la culture. Mais assez peu de ministres ont fait référence à ce genre de mesure.

Les ministres du Canada et du Québec ont été les seuls à lancer cet appel aussi clairement. Le ministre canadien veut adopter des mesures pour que l’ensemble des joueurs contribuent aux écosystèmes culturels nationaux. La ministre québécoise souhaite que les entreprises multinationales contribuent au système, en favorisant notamment la découvrabilité des contenus, et que les créateurs retirent une meilleure part des bénéfices.

Les ministres du Liban et de la Belgique ont insisté sur l’importance des droits de propriété intellectuelle et de la juste rémunération des artistes sur les plateformes en ligne.

  1. Quel rôle pour l’UNESCO?

La ministre algérienne a souligné que la culture est devenue l’un des rares espaces de collaboration entre les États et que le rôle de l’UNESCO est de favoriser les échanges, de mettre en place des mécanismes d’entraide internationale et de développer des plateformes numériques pour favoriser l’accès au patrimoine et à la culture.

La ministre des Émirats-Arabes-Unis a proposé de son côté que l’UNESCO élabore un modèle pour la protection de la propriété intellectuelle dans le contexte de la transition numérique.

Enfin d’autres ont appelé l’UNESCO à documenter les impacts de la Covid-19 sur la culture.

Quelles perspectives pour la diversité des expressions culturelles?

Des enjeux très importants ont été soulevés lors de cette longue rencontre et il faut applaudir les efforts de l’UNESCO pour soutenir un espace mondial d’échange et de réflexion.  L’initiative ResiliArt est à ce titre tout à fait pertinente et la FICDC est très heureuse de collaborer avec l’UNESCO pour l’organisation d’un 2e débat qui aura lieu le 14 mai.

Cette discussion fait ressortir au moins deux urgences pour appuyer une relance des activités culturelles qui soit durable, plus équitable, et qui assure une diversité d’expressions. D’abord, celle de repenser la coopération culturelle à un moment où la crise sanitaire exerce une pression sur les ressources déjà ténues dans ce domaine et où les restrictions à la mobilité pourraient durer longtemps. Ensuite, celle de garantir la contribution des géants du Web aux écosystèmes culturels afin de générer de nouvelles sources de revenus et de mise en valeur des expressions culturelles locales.


Le commerce mondial à l’épreuve du néo-mercantilisme : enjeux culturels

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le troisième numéro porte sur la place de la culture dans les nouveaux partenariats économiques de l’Union européenne.


Des négociations sur le commerce électronique à la zone de libre-échange africaine : un état des lieux

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le second numéro traite des négociations plurilatérales sur le commerce électronique et se penche en particulier sur la Zone de libre-échange continentale africaine.